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Poetry

Mardi 31 octobre 2006

Pour devoir de mi-trimestre en littérature, j'ai choisi d'expliquer le poème de Robert Penn Warren (1905-1989) qui suit. Pour les non anglophones, ma traduction est à la suite du texte et je mettrai bientôt en lignes les grands points de commentaire de ce poème qui m'a beaucoup plu. Ce n'est pas surprenant quand on sait combien la notion du Temps me fascine...

 

Old Photograph of the Future

 

That center of attention - an infantile face

That long years ago showed, no doubt, pink and white -

Now faded, and in the photograph only a trace

Of grays, not much expression in sight.

 

 

That center of attention, swathed in a sort of white dress,

Is precious to the woman who, pretty and young,

Leans with a look of surprised blessedness

At the mysterious miracle forth-sprung.

 

 

In the background somewhat, the masculine figure

Looms, face agleam with achievement and pride.

In black coat, derby at breast, he is quick to assure

You the world's in good hands - lay your worries aside.

 

 

The picture is badly faded. Why not?

Most things show wear around seventy-five,

And that's the age this picture has got.

The man and woman no longer, of course, live.

 

 

They lie side by side in whatever love survives

Under green turf, or snow, and that child, years later, stands there

While old landscapes blur and he in guilt grieves

Over nameless promises unkept, in indefinable despair.

 

 

Vieille Photographie du Futur

 

Ce centre d'attention - un visage d'enfant

Qui, il y a bien des années, laissait voir, sans aucun doute, du rose et du blanc -

Avait maintenant perdu de son éclat, et sur la photographie seule une trace

De gris, peu d'expression (encore) visible.

 

Ce centre d'attention, enveloppé dans une espèce de vêtement blanc,

Est tout* pour la femme qui, jeune et jolie,

Se penche avec les yeux emplis de surprise félicité

Sur ce mystérieux miracle qui vient de sortir*.

 

Un peu dans le fond, la silhouette masculine

 

 

 Apparaît, le visage rayonnant de réussite et de fierté.

Vêtu d'un manteau noir, le chapeau melon sur la poitrine, il ne manque pas de vous assurer

Que le monde est entre de bonnes mains - laissez vos soucis de côté.

 

L'image a perdu de son éclat. Pourquoi pas?

Beaucoup de choses s'abîment / se détériorent vers soixante-quinze ans,

Et c'est bien là l'âge de cette image.

L'homme et la femme ne sont, bien sûr, plus en vie.

 

Ils reposent côte à côte dans ce qu'il survit d'amour

Sous (de) la pelouse verte, ou (de) la neige, et cet enfant, des années plus tard, se tient là

Tandis que les vieux paysages se brouillent / s'effacent et que lui, coupable, a du chagrin

A cause de promesses non tenues et sans nom*, dans un indéfinissable désespoir.

 

* this child is precious to me = je tiens à cet enfant; la traduction par "précieux, qui a de la valeur" me paraît fonctionner moins bien ici.

*forth indique un mouvement vers l'avant, tandis que sprung (< to spring) veut dire "sauter." Il y a un jeu de mots qui mime la naissance, le fait que l'enfant sorte (avec un mouvement vers l'avant) du ventre de la mère. Il m'est difficile de trouver une expression française qui fonctionne aussi bien, et si celle proposée ne marche pas trop mal, elle a le désavantage d'être associée au monde du commerce (cf. ça vient de sortir...)

*nameless suggère aussi, et peut donc se traduire par, "indéfinissable"

Par Tony
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Dimanche 5 novembre 2006

Je sais pas pourquoi mais j'ai l'impression d'avoir plus la tête dans les étoiles ici qu'en France et je ne cesse de remarquer et d'admirer cette magnifique lune. Hier, elle était pleine mais un voile gris - nuage ou pollution - la dissimulait quelque peu au regard humain.

Mais ce soir, quand je suis sorti de mon immeuble pour aller faire un peu de sport, je l'ai aperçu, sans avoir à vraiment lever les yeux. Elle était ronde et pleine et blanche, dans un ciel bleu nuit. Elle était rayonnante d'attrait.

Elle est belle la lune et elle, on peut la regarder en face. Hélios luit mais ne se laisse pas regarder sans protection; on ne ressent sa chaleur qu'indirectement. Artémis, elle, se découvre sans complexe et on l'admire à l'oeil nu.

I don't know why but I have the impression that my head is more in the stars here than in France and I keep on noticing and admiring the beautiful moon. Last night, it was full but somehwat concealed by a grey veil - cloud or pollution.

But tonight, as I went out of my building to go to the gym, I spotted her, without raising my gaze. She was round and full and white, in a night blue sky. She was radiant with of attractions.

The moon is magnificent and you can actually look at her straight. Helios shines so that you can't look at him without protection; you only feel his warmth indirectly. Artemis, on the other hand, kindly unveils herself to be admired with a naked eye.

 

Elle est le coeur du ciel,

Elle est belle, étincelle.

Elle est ronde

Dans la voûte celeste, féconde.

Elle est blanche et palpite

Et mes idées crépitent.

Les étoiles tout autour

Sont ses plus beaux atours,

Comme la poussière magique

D'un bel Etre angélique.

De là-haut sa lumière,

Sur les cieux, réverbère,

M'appelle et me glisse

A l'oreille, le doux nom d'Artémis.

Elle est chaste, elle est pure,

Me promet le futur.

Un sourire dessiné,

Un éclat propagé,

Elle me tend son harmonieuse rondeur,

Sa lumière, sa chaleur;

Et soudain à côté

Je vois une étoile se mouvoir, clignoter.

Apollon, son jumeau,

Me satisfait du plus beau des cadeaux.

Par Tony
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Lundi 29 janvier 2007

Fatigue physique,

Alangui mélancolique,

EnVie ontologique.

Etincelle amicale,

Ravivée par un coup de vent sidéral.

Une torpeur de l'esprit,

Une langueur d'enVie a chatouillé mon âme et puis...

Un futur prometteur,

Et du rouge dans mon coeur.

 

ngc2237

Un manque absent,

Et pourtant...

Désir ardent,

Et mon âme pleine de sang.

Tes bras tout autour...

Amour.

Par Tony
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Mercredi 14 février 2007

L'eau chaude sous la douche me rappelle la chaleur de son corps,

Cette caresse délicate imprégnant tous mes pores,

Le trésor d'une aurore multicolore.

Les étoiles dans les cieux

Comme l'éclat de ses yeux,

Pleins de bleu, amoureux.

Et le croissant de lune,

Le sourire de ma bonne fortune.

La fraîcheur de la brise

Aussi douce qu'une cerise

Sur mon corps alangui par l'emprise.

Et mes veines s'emplissant

De mon sang océan

Qui châtouilla mon âme.

Cette dernière, demandant un sésame,

Exigea de la bouche un poème.

Et les deux lèvres en coeur

Dessinèrent un je t'aime

Séducteur et songeur.

 

Dans mon lit sous la couette,

Bien au chaud et poète,

Combattant Solitude et le froid d'une tempête,

Une larme s'échappa.

La brillance lumineuse,

La patience paresseuse

De cette eau lacrymale et radieuse

Disparurent dans un éclat de rire !

 

Ma bouche te touche,

Mes lèvres t'épellent,

Mes yeux ton feu,

Mes mains ton bien

Mon corps ton réconfort,

Mon âme ta flamme,

Mon Être, ton Être.

Quand je ris, tu t'éclaircis,

Quand je pleure, ton coeur amortisseur.

Par Tony
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Dimanche 25 février 2007

J'écrivais ton prénom avec sage passion,

Dans le ciel un avion, et mon Être abandon.

L'encre bleue de l'aveu, mon amour langoureux,

Le Hasard destructeur employa l'effaceur.

 

 

 

Au crayon à papier, je faisais le dessin

De ton corps, de tes lèvres, de tes mains, de tes reins.

Et le gris sur le blanc, devenant océan,

Gorgeait alors la page de cet émoi ranimant.

Mais le gros cube de gomme, ennemie de l'idiome,

L'estompa brusquement, tout devint monochrome.

 

 

 

Mes orteils sur le sable, caressés par les vagues,

Transcrivaient un à un les battements de mon âme.

Mais la mer assassine, implacable par son flux,

Grignotait le rivage, alors tout disparut -

Comme une larme échappée de mes yeux fatigués

A brouillé la belle encre sur le bout de papier.

 

 

 

Cet Amour de deux ans, emporté par le vent,

Sombra soudainement dans le noir du néant.

Par Tony
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Jeudi 22 mai 2008

I looked up at the blue sky of your eyes,
I grabbed some cotton clouds
And put them under my head;
The sun was setting in my heart.
The warmth of the wind carried the memory of your voice
And the words from your lips,
As sweet as honey,
Lull me to sleep.

Par Tony
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